L’héritage phénicien a été oublié en Europe

Trait d’union entre l’Orient et l’Occident, les cités de Byblos, de Tyr et de Sidon ont rythmé le commerce antique pendant des millénaires. Là, entre les turquoises du Sinaï et les cèdres du Liban, syncrétisant les cultures du Nil et du Croissant fertile, un événement inattendu s’est produit il y a 3000 ans : l’invention de l’alphabet phénicien.
L’alphabet phénicien
L’abbé Jean-Jacques Barthélemy utilisa alors l’inscription bilingue en phénicien et en grec pour identifier 18 des 22 lettres cadmiennes.
Sa nature extraordinaire fut révélée : « alef, beth, gimel… ». Le tout premier abjad (alphabet consonantique).
L’alphabet phénicien n’est pas la plus ancienne forme d’alphabet mais la forme des lettres des alphabets ultérieurs héritent presque toujours de celui-ci.
Les « lettres rouges » ont déclenché un transfert de technologie et de culture de l’Orient vers l’Occident.
On retrouve cet héritage dans les mythes bibliques, grecs et romains. Les princes phéniciens y sont présentés comme des fondateurs ou des héros, fils d’Agénor, d’Ophir ou de Poséidon.
- Cadmos, le père de l’écriture en Grèce
- Hiram le roi phénicien qui financa le royaume d’Israël
- Europe, la princesse phénicienne
L’alphabet phénicien prend racine dans le temps des légendes, là où plus rien n’est sûr. Alors j’ai vécu à Rome pour enquêter sur le matin du monde.
J’en ai tiré la conviction, n’en déplaise à Ernest Renan, que les peuples du Levant, de Crète et de Carthage ont aussi engendré la civilisation occidentale, en Israël, en Grèce et en Italie.
Le reconnaître pourrait contribuer à réconcilier l’Orient et l’Occident.

