Une enfance ordinaire dans les campagnes de France.
Je suis né le 19 février 1985 à L’Arbresle, près de Lyon, pendant l’hiver le plus froid du siècle. Aîné d’une famille de trois enfants, j’ai grandi dans les campagnes provençales et normandes, limousines et picardes, avant de passer ma vie d’adulte à Paris, à Rome et en Bretagne.
Ma famille maternelle était rurale et terrienne. Des paysans et des bûcherons enracinés dans le Beaujolais vert. Plusieurs ont consacré leur existence à l’intérêt général via des mandats politiques et associatifs. Un esprit d’engagement qui vaut pour ma mère qui a enseigné l’histoire et la géographie, tout en étant maire adjointe et dirigeante d’association locale. Elle m’a transmis le goût de l’école, de l’éthique et de la terre.
Ma famille paternelle était plus instable et déracinée. On y trouve des ancêtres marins, des musiciens, des aviateurs, des ouvriers italiens et occitans. Certains sont descendus d’Ariège par la vallée de la Lèze pour s’installer près de Toulouse, et mon père a choisi de devenir ingénieur. Il m’a transmis le goût de la musique, du vent et du ciel.
J’ai reçu de mes parents une part égale de terre et de ciel.
Aujourd’hui je vis à Vannes, en Bretagne, sur les rives du golfe du Morbihan, avec Maud, la femme de ma vie et nos deux petites filles, Diane et Ève.
Le concours de Sciences Po
Plutôt bon élève, j’ai toujours aimé apprendre. J’ai pratiqué le tennis à haut niveau avant de passer mon bac. A 17 ans, j’ai découvert Paris, et c’est ainsi qu’a démarré ma vie d’adulte.
Au bout de deux ans de classes prépa au Lycée Carnot, je suis entré en école de commerce à Reims. Ce fut très formateur. On m’a appris à entreprendre, mais j’ai réalisé rapidement que j’étais très frustré. Insatisfait.
On m’avait montré le comment faire,
mais ni le quoi faire, et encore moins le pourquoi faire….
Alors je me suis inscrit aux concours de Sciences Po en 2007.
Le jour J, en épreuve de culture générale, on m’a demandé de plancher sur le sujet suivant :
« L’air de la ville rend libre« .
Proverbe médiéval allemand.
Que dire?
Alors j’ai pris un risque. J’ai disserté sur les cités idéales de l’Antiquité et sur Ghost in the Shell au Japon et les BD de Moebius, j’ai disserté sur les fantasmes urbains. Ça a payé. Avec le recul, je me rend compte que déjà, je parlais de cosmographie. J’ai été admis avec une belle note dans le Master Affaires Publiques de Sciences Po Paris et cela a changé ma vie. En 2010, j’étais diplômé.
J’ai travaillé d’abord dans une chambre de commerce, puis dans un cabinet de conseil. Au départ, j’étais intéressé, mais mon lancement de carrière dans les RH ne m’a pas épanoui. Je me suis interrogé – comme beaucoup de jeunes de ma génération – sur le sens de mon travail. Alors je suis parti.
Un matin, j’ai démissionné.
Le premier voyage
J’ai tout quitté. Ma copine, mon appart, mon travail et j’ai pris un billet pour l’Extrême Orient. J’ai vu Hong Kong, puis Canton et la grande baie, j’ai gravi les pentes de l’Himalaya, j’ai descendu le cours du Mékong, la Thaïlande et la Malaisie. J’ai traversé Singapour et Bangkok à pied, avant de revenir en Europe, de m’installer à Rome où j’ai vécu 18 mois.
Étrangement obsédé par la civilisation antique qu’on appelle phénicienne, à la rencontre de l’Orient et de l’Occident, j’ai entamé l’écriture d’une quête archéologique. Un travail inachevé qui m’a révélé l’importance des relations immémoriales entre l’orient et l’occident, la technologie et la culture, la matière et esprit… C’est à ce moment que le sujet de l’écriture, au sens graphique du terme, a commencé à me fasciner. L’écriture comme puissance cosmique. L’alphabet, les hiéroglyphes, le numérique. J’écrivais sans m’arrêter…
Mais je n’avais plus de moyens, plus d’argent. J’ai connu six mois de pauvreté, ma santé a commencé à décliner, alors je suis revenu en France, à Paris, et j’ai repris une carrière dans le secteur du conseil en stratégie. Jusqu’au mois où ma vie a basculé.