Un nouveau regard sur le territoire.

Auteur, enseignant et entrepreneur français, Maxime invite à de nouvelles manières de représenter le monde.

Il enseigne l’anthropologie depuis 10 ans à Sciences Po Paris et à Mines Paris Tech et a donné +150 conférences sur la cosmographie.

La cosmographie, c’est plus que la géographie, c’est une approche interdisciplinaire qui associe l’anthropologie, les sciences de la vie et la technologie pour repenser les lieux où nous vivons.

Avec sa société Cosmorama, il accompagne entreprises et administrations dans la production de contenus éditoriaux et cartographiques, pour contribuer à une nouvelle vision du territoire. Et embarquer tout le monde vers l’avenir.

Marguerite Yourcenar écrivait que le graphique d’une vie humaine ne se compose pas, quoi qu’on en dise, d’une ligne droite avec un début et une fin, mais de trois lignes sinueuses, étirées à l’infini, sans cesse rapprochées et divergeant sans cesse: ce qu‘un homme a cru être, ce qu‘il a voulu être, et ce qu‘il fut.

Voici mon parcours

Une enfance ordinaire dans les campagnes de France.

Je suis né le 19 février 1985 à L’Arbresle, près de Lyon, pendant l’hiver le plus froid du siècle. Aîné d’une famille de trois enfants, j’ai grandi dans les campagnes provençales et normandes, limousines et picardes, avant de passer ma vie d’adulte à Paris, à Rome et en Bretagne.

Ma famille maternelle est plutôt rurale et terrienne. Ce sont des paysans et des bûcherons enracinés dans les collines du Beaujolais vert. Plusieurs d’entre eux ont consacré leur existence à l’intérêt général via des mandats politiques, associatifs et entrepreneuriaux. Un esprit d’engagement et une exigence morale qui vaut pour ma mère qui a enseigné l’histoire et la géographie pendant des décennies, tout en étant maire adjointe et dirigeante d’association locale. Elle m’a transmis le goût de l’école, de l’éthique et de la terre.

Ma famille paternelle est plus instable et déracinée. On y trouve des marins, des aviateurs, des musiciens, des immigrés italiens et des ouvriers occitans. Certains de mes ancêtres sont descendus des montagnes d’Ariège par la vallée de la Lèze pour s’installer près de Toulouse. Mon père a choisi de devenir ingénieur et m’a transmis le goût de la musique, du vent et du ciel.

Il m’est arrivé de dire que j’ai reçu de mes parents une part égale de terre et de ciel.

Aujourd’hui je vis à Vannes, en Bretagne, sur les rives du golfe du Morbihan, avec Maud, la femme de ma vie et nos deux petites filles, Diane et Ève.

Un début de carrière mouvementé

Plutôt bon élève à l’école, j’ai toujours aimé apprendre. J’ai pratiqué le tennis à haut niveau, ce qui l’a fait voyager dans presque tous les départements de France. A 17 ans, j’ai découvert Paris en provincial enthousiaste et curieux et c’est ainsi qu’a démarré ma vie d’adulte.

Au bout de deux années de classes préparatoires au Lycée Carnot, je suis entré en école de commerce à Reims, en Champagne, et j’ai obtenu un diplôme de la Neoma Business School. Ce fut très formateur. On m’a appris à entreprendre, mais j’étais très frustré. Insatisfait. J’avais le comment faire, mais ni le quoi faire, ni le pourquoi faire….

Alors je me suis inscrit aux concours de Sciences Po. Le jour J, en épreuve de culture générale, je planchais sur ce sujet : L’air de la ville rend libre. Proverbe médiéval allemand.
Que pourrais-je bien raconter?

Alors j’ai décidé de prendre des risques. J’ai disserté sur la République de Platon, les BD de Moebius, Akira et Ghost in the Shell, pour parler des fantasmes urbains. Ça a payé. J’ai été admis avec une très belle note, à ma plus grande joie dans le Master Affaires Publiques. En 2010, j’étais diplômé de Sciences Po et j’entrais dans le monde du travail.

D’abord dans une chambre de commerce, puis dans un cabinet de conseil. Honnêtement, j’étais intéressé au départ, mais mon lancement de carrière dans les ressources humaines ne m’a pas épanoui. Je me suis interrogé – comme beaucoup de jeunes de ma génération – sur le sens de mon travail. Et je suis parti.

Un matin, j’ai démissionné, j’ai tout quitté et j’ai pris un billet pour l’Extrême Orient. J’ai vu Hong Kong, puis Canton et la grande baie, gravi les pentes de l’Himalaya, j’ai descendu le cours du Mékong, la Thailande et la Malaisie, Singapour, avant de revenir en Europe, de m’installer à Rome, en Italie, où j’ai vécu pendant 18 mois.

Étrangement obsédé par la civilisation phénicienne, j’ai entamé l’écriture d’une quête archéologique à cette époque. Un travail inachevé qui m’a révélé l’importance des relations immémoriales entre l’orient et l’occident, la technologie et la culture, la matière et esprit… C’est à ce moment que le sujet de l’écriture, au sens graphique du terme, a commencé à me fasciner. L’écriture comme puissance cosmique. L’alphabet, les hiéroglyphes, le numérique. J’écrivais sans m’arrêter…

Mais je n’avais plus de moyens, plus d’argent. J’ai connu six mois de pauvreté, ma santé a commencé à décliner, alors je suis revenu en France, à Paris, et j’ai repris une carrière dans le secteur du conseil en stratégie. Jusqu’au mois où ma vie a basculé.

Novembre 2015, le choc.

Je travaillais dans le secteur du conseil en stratégie, dans le 8ème arrondissement de Paris quand tout a changé. En deux semaines, les attentats du 13 novembre 2015 et les Accords de Paris de la Cop 21 ont giflé mon existence.

Avec mon frère, qui vivait près du Cirque d’Hiver dans le 11ème, nous allions souvent sur les terrasses du Petit Cambodge et de la rue de Charonne, sur les mêmes tables et les chaises qui ont été balayées par les balles des kalachnikov.

Je me suis senti très concerné par ce double évènement.
Comme atteint personnellement.

Coup sur coup, l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de Paris au Bataclan, et 15 jours, les forces de l’ordre et les black blocks s’affrontaient au moment du plus grand accord international de l’histoire – en nombre de chefs d’Etat. Pour moi, les deux événements étaient liés…C’était le symptôme d’un dysfonctionnement systémique profond. J’ai démissionné.

J’ai remis en question les grands moteurs de ma vie et j’ai décidé de me consacrer aux évolutions historiques de notre société.

C’est dans cet état d’esprit que je suis entré pour trois ans au sein de Spintank, près de Bastille, de 2016 jusqu’en 2019. Le Tank de la rue des Taillandiers, ainsi que toutes les personnes que j’y ai rencontrées, ont joué un rôle immense dans mon parcours. J’ai mesuré la puissance du numérique, son pouvoir transformateur sur la société contemporaine, avec ses opportunités et toutes les menaces qu’il fait peser sur la psyche humaine.

J’étais si stimulé qu’en 2016, j’ai toqué à la porte de Sciences Po pour enseigner.

Des débuts modestes à Sciences Po Paris

Henri Bergeron, aujourd’hui doyen de l’école d’Affaires Publiques, fut le premier à me faire confiance. Nouvelles intelligences à l’ère numérique fut mon tout premier cours. Puis Hetic, Centrale Supélec, Centrale Nantes, Mines ParisTech, Neoma, l’ICAM, l’INSP… J’ai donné des cours dans près de 20 établissements en 10 ans, jusqu’à tout compiler dans un séminaire de 12 semaines, un regard anthropologique sur les technologies baptisé :
« La programmation du monde ».

Mes premiers inspirateurs furent Michel Serres, Jack Goody, Zygmund Bauman, Hartmut Rosa, Von Humboldt, Gaston Bachelard, Jared Diamond, Gregory Bateson, Bruno Latour. Les maîtres de l’interdisciplinarité, les polymathes, ingénieurs des ponts et des chaussées de l’Esprit. Et parmi les poètes, je citerai Jorge Luis Borgès, Paul Valéry, Marguerite Yourcenar, Umberto Eco, Victor Hugo, Tagore, Ursula LeGuin…

Et puis, en 2019, ma petite fille Diane est née, alors nous avons déménagé en Bretagne.

Agir en homme de pensée. Penser en homme d’action.

En 2019, avec Anne Le Corre, Erwan Pannier et Joséphine Bournonville, nous avions fondé le Printemps écologique, une idée folle : le premier éco-syndicat au monde pour accélérer la transition de l’appareil productif par la négociation collective. L’idée, c’était d’intégrer la gouvernance écologique dans le dialogue social. Mon frère Armand a pris le relai dès 2021. Progressivement, l’initiative a rassemblé plusieurs milliers de sympathisants à travers la France, et organisé les Rencontres du travail en mai 2022. Après 5 ans d’existence, un documentaire raconte son histoire et sa première victoire systémique chez Nestlé à Veauche, dans la Loire.

A l’été 2021, nous avons lancé à Vannes, avec l’entrepreneur Maxime de Rostolan et le navigateur Arthur Le Vaillant, une coopérative d’intérêt collectif baptisée Sailcoop. Le premier réseau coopératif de voyage en voiliers pour offrir une alternative à l’avion pour les courtes et longues distances, à la recherche d’un équilibre entre tradition et modernité, innovation et frugalité. Un vrai carton. Au bout 4 ans, un catamaran de transport est sorti des chantiers de La Rochelle, la ligne France – Corse bat son plein avec un départ de voilier chaque jour, et la ligne Concarneau – Glénan fait 4 allers retours par jour en saison. La transatlantique en Dreamliner à voile, conçue et développée par Neoline entre St Nazaire et Baltimore est également commercialisée par Sailcoop, qui compte des milliers de sociétaires.

En février 2022, j’ai eu besoin de prendre la plume, et d’écrire. Passionné par la science fiction, la fantasy, le cinéma et la littérature de l’imaginaire, j’ai entamé une formation de scénariste de BD, pour réfléchir à la mise en récit, à l’articulation entre un texte et une image. Dans la foulée, j’ai commencé à partager quelques publications sur Linkedin, pour faire le point sur 6 ans d’enseignement et d’initiatives. Et là quelque chose d’incroyable s’est produit.

Un phénomène inattendu sur Linkedin

En mars 2022, une de mes publications atteint un million de vue en mars. Boom. Ça m’a intrigué d’abord. Puis une seconde en avril. Mon compte Linkedin a commencé à vibrer sérieusement avec +5 000 abonnés en un mois. Un rythme qui n’a pas faibli. En décembre 2023, soit 18 mois après mon premier post, je comptais 100 000 abonnés et 70 millions de vues. En 2025, au bout de 3 ans et demi, j’ai ralenti mes publications mais vous êtes 200 000 abonnés à me suivre.

Ce travail a consisté à éditer et relayer des cartes, des photos et des récits, pour prendre du recul et changer de perspective sur l’espace et le temps. Mon exigence dans la recherche d’information a été un gage de qualité. Ma consistance a permis de créer une habitude. Tout s’est aligné, et mon travail s’est fait connaître.

Pour résumer la situation, la conseillère d’Etat et fondatrice du comité 21 Bettina Laville a eu cette formule magnifique et flatteuse : en mettant le territoire en évidence, mon travail est devenu un objet d’impatience.

Mais ça ne s’est pas arrêté ici.

Deux ans de conférences sur les routes de France

En juin 2022, un certain Olivier Renaud m’a proposé d’intervenir sur scène devant 700 dirigeants pour la première édition de Tech for Climate à Paris. Ce fut ma première conférence publique

Depuis, j’ai réalisé près de 180 conférences en 3 ans. Auprès d’entreprises, d’associations, de maisons de retraites, de scolaires, d’organisations gouvernementales, des Nations Unies à New York, à Genève et en Inde.

On m’a proposé de concevoir des expositions dans des salons (APM, puis Pollutec) dans des universités (Telecom Paris, Université de Bretagne, Genève…) et des locaux d’entreprise.

Myriam Laalej m’a rejoint en 2024. Sa venue a tout changé puisqu’elle a libéré mon agenda et ma créativité. J’ai pu écrire mon premier livre, Géoconscience. Publié en octobre 2024, ce livre n’est qu’une étape, mais une grande étape. Il a bénéficié de deux éditions, reçu un accueil fantastique, trois prix et une couverture exceptionnelle. Je travaille déjà sur le deuxième livre, un nouveau regard sur le vivant, Bioconscience.

Et demain ?

Le temps est venu de diffuser mes idées sur de nouveaux médias. Anne-Cécile Bras m’a déjà invité à la radio en 2025. Je tiens une chronique sur RFI dans son émission C’est pas du vent.

Ça s’appelle Le Petit Atlas de RFI, et c’est un plongeon sonore dans les géographies du monde. Épisode après épisode, on s’améliore.

Je travaille aussi sur la notion de worldbuilding, de storyworld et d’imaginaire avec The Cosmograph. Je voudrais donner d’autres formes à mon travail de façon buissonnante et arborescente, auprès des grands acteur des expositions immersives et pourquoi pas de la production tv et cinéma.

Élever notre conscience collective est un projet sans limite.
Ce n’est que le début. Si nous voulons vraiment soigner notre relation au monde, nous avons du travail pour des siècles.
Et pour l’instant nous en sommes là.

Merci à celles et ceux qui me soutiennent au quotidien.
Merci à celles et ceux qui m’écrivent, qui m’assistent, qui me donnent le courage d’agir. Ne cessons jamais d’apprendre.

Prenez soin de vous et du monde.

Maxime

Géoconscience

En octobre 2024, mon premier livre a été publié aux éditions Allary.

Géoconscience a reçu un accueil extraordinaire. Lancé par 2800 lecteurs sur Linkedin grâce à une campagne de financement participatif, il a bénéficié ensuite d’une couverture médiatique importante, faisant l’objet d’articles dans Les Échos, Historia, le magazine GEO, We Demain, RTBF en Belgique, ou encore Le Temps en Suisse.

En 2025, il a été récompensé à trois reprises : le Prix du Livre Environnement le Prix du Public de la Fondation Veolia, le Grand Prix de la Fabrique du Futur.

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