Terra Nova, les héros de l’Antarctique (1911-1912)


Découvrez les photographies extraordinaires de l’expédition britannique du Cpt. Robert Scott en Antarctique, en plein âge héroïque (1911-1912). Arrivés en deuxième position au pôle, quelques jours à peine après le norvégien Rasmussen, tous les membres de Terra Nova sont morts dans des circonstances dramatiques. Voici les photos retrouvées sur place.

1911, Antarctique. Cette photo a été prise par l’expédition britannique Terra Nova, avant que toute leur équipe polaire ne meure sur le chemin du retour du Pôle Sud à leur navire. (Image colorisée).

Le Terra Nova, baleinier de 57m qui achemina l’expédition en 1911.
A bord du Terra Nova

L’Antarctique est le continent le plus méridional, le plus froid, le plus sec, le plus venteux et le plus aride du monde. Ses dimensions sont vertigineuses : 14 millions de kilomètres carrés soit trois fois l’Union Européenne ! On comprend mieux qu’une expédition à pied soit si longue et compliquée.

Complètement inhabité par les humains, à la différence de l’Arctique, ce territoire fut officiellement révélé au monde le 19 février 1819 par l’explorateur William Smith. Il devient alors la terre de tous les fantasmes, que Lovecraft a immortalisé avec son roman « Les montagnes hallucinées ».

Mais pendant un siècle, personne ne réussit jamais à atteindre le Pôle Sud, par manque de moyen, de préparation, de compréhension de la topographie. Plus de 20 personnes seront mortes en tentant de l’atteindre pendant ce qu’on appelle l’âge héroïque de l’Antarctique entre 1898 et 1922.

On l’ignore, mais l’Antarctique est aussi le continent le plus montagneux au monde, avec la plus haute altitude moyenne. Son point culminant, le massif Vinson, atteint 4 892 mètres, soit une altitude proche du sommet des Alpes. L’Antarctique possède beaucoup d’autres montagnes à la fois sur le continent et sur les îles environnantes. Par exemple, situé sur l’île de Ross, le mont Erebus est le volcan actif le plus austral du monde.

98% de sa surface est recouverte d’une couche glacée de 1,6km de glace mais en hiver, le continent antarctique double sa superficie par une banquise et des glaces flottantes allant jusqu’à 800 km des côtes.

−93 °C, c’est la température détectée à Dôme Argus, le 10 août 2010, la plus basse jamais mesurée.

Tout a commencé en 1895, quand la Royal Geographical Society de Londres lance un appel solennel à tous les cercles scientifiques du monde pour accélérer l’exploration de l’Antarctique. À ce moment-là, ce continent est considéré comme « le plus grand espace géographique à pouvoir être encore exploré ».

C’est le départ de « course au pôle Sud », que l’on a comparée dans les années 1960 à la « course à l’espace » et à l’atterrissage sur la Lune pour sa capacité à captiver l’attention du public. Les français y ont participé avec l’expédition de Jean-Baptiste Charcot en 1903-1905 ce qui a permis de réclamer la souveraineté sur un petit bout du continent, la Terre Adélie.

En 1911, tout le monde sentait que le Pôle sud était à portée. Deux expéditions se lancent à l’assaut de l’Antarctique : l’expédition norvégienne Admunsen et l’expédition britannique Terra Nova.

Amundsen établit son campement sur la barrière de Ross, dans la baie des Baleines. Il découvre une nouvelle route à travers le plateau polaire via le glacier Axel Heiberg. Une équipe composée de cinq hommes, dirigée par Amundsen, atteint le pôle Sud par cette route le 15 décembre 1911.

Scott et quatre de ses compagnons atteignent le Pôle Sud par le glacier Beardmore le 17 janvier 1912, soit trente-trois jours après Amundsen. Après cette déception, les cinq hommes doivent entamer le dur voyage retour.

L’équipe de Terra Nova pose au Pole Sud le 17 janvier. Autour des traces du campement d’Admunssen.

La saison avance et les températures descendent jusqu’à −29 °C. La neige devient de plus en plus dure et épaisse. Tous les membres de l’équipe sont victimes de malnutrition mais, l’un des explorateurs, Evans tombe le premier, il meurt le 17 février.

L’équipe subit alors des conditions météorologiques extrêmes, jamais enregistrées dans cet environnement hostile.

Lawrence Oates, qui souffre d’une vieille blessure de guerre au pied, paralysé par des gelures, éprouve de plus en plus de difficultés à suivre. Le 17 mars, le jour de son 32e anniversaire, se sachant condamné et devinant que ses compagnons refuseront de l’abandonner, il préfère se sacrifier pour le bien de l’équipe. Il quitte la tente avec des paroles devenues célèbres au Royaume-Uni— « Je vais sortir et j’y resterai peut-être longtemps » — avant de disparaître dans le blizzard.

Mais ce sacrifice délibéré n’est pas suffisant pour sauver les autres. Scott, Wilson et Bowers luttent jusqu’à 18 km au sud sont bloqués le 20 mars par un violent blizzard ; il leur est impossible d’avancer, même si chaque jour, ils tentent de le faire. Leurs stocks de nourriture se terminent. Le journal de Scott, retrouvé dans les glaces, se termine par ces mots : « C’est regrettable mais je ne pense pas que je puisse écrire davantage. R. Scott. Pour l’amour de Dieu, prenez soin de nos familles ». C’était le 29 mars 1911.

Le trajet des deux expéditions concurrentes

Le Capitaine Scott écrit son journal de bord.

En 2013, la fonte des neiges de l’Antarctique a mis au jour le carnet du photographe officiel de l’expédition. Les chercheurs ont trouvé le journal de George Levick à l’extérieur de la base Terra Nova de 1911. C’est la première fois que des vestiges réapparaissent, plus d’un siècle après les évènements de cette expédition à la fois tragique et héroïque.

Charles Wright, un des membres survivants de l’expédition resté au camp de base de l’Ile de Ross.

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